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Combien valent les cartes au blackjack

Un simple coup d’œil aux règles suffit pour saisir l’essentiel : le joueur doit atteindre 21, idéalement en deux cartes. La valeur des cartes paraît on ne peut plus simple, mais elle a ses subtilités. Nous passons en revue les valeurs de base, les cartes valant 10, l’as et sa double valeur (1 ou 11), la valeur des cartes dans le comptage Hi-Lo, les probabilités de tirage et la stratégie de base pour les mains clés.

Apprendre · valeur des cartesAccessible aux débutantsAs : 1 ou 11Tableaux de stratégie

La valeur des cartes en chiffres

Les valeurs clés à garder en tête à la table.

1 ou 11 La valeur de l’as — au choix du joueur, selon ce qui sert la main
10 Valet, dame, roi et dix — chacun vaut exactement 10 points
3:2 Paiement du blackjack naturel (évitez les tables 6:5)
16 Cartes valant 10 dans un jeu de 52 cartes
14,9 % Probabilité de recevoir un as dans vos deux premières cartes (un seul jeu)
Hi-Lo Le système de comptage le plus simple : +1 / 0 / −1 par carte

Un premier contact, même rapide, avec les règles du blackjack suffit à faire comprendre l’essentiel : le joueur doit atteindre 21, idéalement en deux cartes. La valeur des cartes paraît on ne peut plus simple, et pourtant certaines subtilités méritent qu’on s’y attarde. Si vous découvrez tout juste les règles ou que vous avez encore peu d’heures de table derrière vous, ce tour d’horizon vous aidera à tout remettre en place.

Valeur des cartes : les valeurs de base de chaque carte

Pour ceux qui partent de zéro, commençons par un tableau de la valeur des cartes.

CarteValeurRemarque
2–10Valeur nominale (2–10)Ce qui est inscrit sur la carte
Valet (J)10Carte valant 10
Dame (Q)10Carte valant 10
Roi (K)10Carte valant 10
As (A)1 ou 11Au choix du joueur

La valeur des cartes au blackjack est toujours la même : elle ne dépend pas de la variante de règles, ni du nombre de jeux, ni de la table. Les conditions de jeu changent — pas ce que vaut chaque carte.

Important : il suffit de retenir trois choses — les cartes numérotées valent leur valeur nominale, toutes les figures et le dix valent 10, et l’as est flexible (1 ou 11). Toute la stratégie qui suit repose sur ces valeurs.

Cartes valant 10 : dix, valet, dame, roi

Le jeu contient plus de cartes valant 10 que de n’importe quelle autre : le dix, le valet, la dame et le roi. Dans une partie ordinaire — sans paris annexes (side bets) spécifiques, c’est-à-dire des mises supplémentaires1 qui ne sont pas proposées à toutes les tables —, leur valeur pour le joueur est identique. Et toutes les cartes valant 10 sont très utiles :

  • associée à un as, une telle carte forme la combinaison appelée blackjack naturel — 21 en deux cartes, la main2 la plus forte, qui dans la plupart des variantes de règles ne perd contre personne et donne droit à un paiement de 3:23 ;
  • deux cartes valant 10 (il y en a 16 dans un jeu de 52 cartes — elles arrivent donc par paire pas si rarement) totalisent 20, une main très solide elle aussi.

L’abondance de ces précieuses cartes valant 10 a une incidence directe sur le comptage des cartes, mais nous y reviendrons plus bas.

Important : les figures (valet, dame, roi) et le dix sont strictement équivalents pour la mise principale — tous ajoutent exactement 10 à la main. Aucun roi n’est « plus fort » qu’une dame tant que de rares paris annexes n’entrent pas en jeu.

L’as — la carte la plus singulière

Au blackjack, une seule carte a une valeur variable, et pour le joueur ce n’est pas un défaut mais tout le contraire — un atout, qui permet de tirer le meilleur parti de ce qu’il a reçu.

1 ou 11 : mains souples et mains dures

L’as peut valoir 1 point ou 11, et c’est le détenteur de la main qui décide comment le compter — tout dépend de ce qui est le plus avantageux. Un as et un sept, par exemple, peuvent se lire comme 8 ou comme un 18 souple (soft 18)4 ; 8 n’avance le joueur à rien, mais avec un 18 souple plusieurs options s’ouvrent :

  1. si la carte visible du croupier (upcard — la première carte qu’il montre) vaut 9–11, on peut encore perdre avec 18 ; le joueur tire donc une carte (hit), sachant qu’en cas de « dépassement » l’as retombe à 1 et que la main devient simplement dure ;
  2. si la carte du croupier est un 2, un 7 ou un 8, il est très probable qu’il n’atteigne pas ce même 18 ou qu’il saute (bust) ; le joueur a donc intérêt à ne plus prendre de carte ;
  3. si la carte visible du croupier vaut de 3 à 6, le croupier est au plus faible et saute le plus souvent — il est alors judicieux de doubler la mise5 (double down) pour mettre davantage d’argent sur la table tant que les chances sont de votre côté.

Il est aussi important de comprendre comment agit le croupier : il reste (stand) toujours une fois à 17 pour éviter de sauter, mais toute la question est de savoir s’il s’arrêtera sur un 17 souple, puisqu’une seule carte de plus ne peut pas l’y faire sauter. L’as vaut 1 ou 11 dans la main du croupier aussi ; ce que précisent les règles de la table, c’est la règle du 17 souple : si le croupier reste sur un 17 souple (S17), c’est un plus pour le joueur — le croupier s’en tient à un 17 faible au lieu de chercher à l’améliorer. Si le croupier tire sur un 17 souple (H17), l’avantage de la maison augmente d’environ 0,2 %.

Blackjack naturel

L’as est précieux aussi parce que, sans lui, impossible de former la combinaison la plus rentable — le blackjack naturel, soit 21 en deux cartes. Compte tenu de ce que valent le roi, la dame, le valet et le dix, un as associé à l’une des 16 cartes valant 10 (dans un jeu complet) forme la meilleure main qui soit, celle qui bat même un 21 constitué de davantage de cartes. Le blackjack naturel est payé 3:2 (parfois 6:5) — c’est la seule mise (hormis les rares paris annexes, toujours défavorables) où le gain est supérieur à la mise elle-même.

Important : un paiement 6:5 au lieu de 3:2 a presque la même allure, mais rogne sensiblement le gain du joueur à chaque blackjack. Vérifiez l’inscription sur le tapis avant de vous asseoir.

Séparer les as

Deux as dans une même main, c’est rare, mais possible ; techniquement, cela fait 2 ou 12, mais il est bien plus judicieux de séparer (split) une telle main — on remet la même mise et on joue de fait deux mains, chacune avec un as. Une main médiocre sur le papier se transforme ainsi en deux bonnes : chacune part d’un solide 11. N’oubliez pas qu’un dix sur un as séparé donne un 21 ordinaire payé 1:1, et non un blackjack naturel, et que la plupart des tables ne distribuent qu’une seule carte sur chaque as séparé. Le croupier, lui, ne sépare jamais : pour lui, une paire d’as est plutôt un problème. La reséparation est souvent limitée elle aussi : dans une variante populaire — l’Atlantic City Blackjack —, les as ne peuvent être séparés qu’une fois (une carte chacun), sans reséparation. Des restrictions similaires s’appliquent à bien d’autres tables dont le nom ne mentionne pas Atlantic City ; avant de commencer, prenez donc soin d’étudier les règles détaillées de la table.

L’assurance face à un as du croupier

Au blackjack, les mises autres que la mise principale sont en général une rareté, réservée à quelques tables spécifiques ; seule exception, l’assurance contre un blackjack du croupier (Insurance), proposée partout. Le principe : si la carte visible du croupier est un as (un blackjack naturel est possible), le joueur peut aussitôt placer une mise d’assurance allant jusqu’à la moitié de sa mise principale et, si le croupier a bel et bien un blackjack naturel, l’assurance lui est payée 2:1. Face à un blackjack naturel, la mise principale est en général perdue — le paiement de l’assurance couvre alors la perte et ramène le joueur à l’équilibre.

Les joueurs expérimentés ne prennent en général pas l’assurance : la mise d’assurance elle-même affiche un avantage de la maison d’environ 7,4 % (soit un RTP d’environ 92,6 %), et la prendre systématiquement fait passer l’avantage global d’environ 0,5 % (stratégie de base, sans assurance) à environ 0,8 %. Le calcul est le suivant : au blackjack à six jeux, avec un sabot complet, la probabilité qu’un 10 vienne compléter l’as du croupier est de 30,87 %, soit moins d’une fois sur trois ; avec un paiement de 2:1, l’assurance n’aurait de sens que si le croupier faisait un blackjack naturel au moins 33,3 % du temps. En pratique, les joueurs qui comptent bien les cartes prennent l’assurance — mais uniquement lorsque le sabot (shoe, les cartes restantes) est très riche en cartes hautes, après un départ massif de petites cartes vers la défausse.

Hi-Lo / comptage : la valeur des cartes dans le compte

Il existe plusieurs systèmes de comptage des cartes, mais le plus simple — et donc le plus populaire — est le système Hi-Lo. Le joueur n’a pas à mémoriser l’enseigne des cartes défaussées, ni même leur rang exact : en partant de zéro, il suffit d’ajouter ou de retrancher des points pour chaque carte qui part à la défausse.

CartesValeur dans le compte
2, 3, 4, 5, 6+1
7, 8, 90 (neutre)
10, valet, dame, roi, as−1

Un compte nettement positif signifie que le sabot est désormais riche en cartes hautes — le joueur obtiendra plus souvent, sinon des blackjacks naturels, du moins des mains solides comme 20 ; il est alors judicieux d’augmenter ses mises. À l’inverse, un compte négatif indique qu’il reste moins de dix, de valets, de dames et de rois dans le sabot, qu’un blackjack naturel payé 3:2 est peu probable, et qu’il vaut donc mieux réduire ses mises — c’est parfois le signal qu’il faut carrément mettre fin à la session.

Nous l’avons dit plus haut : l’assurance contre un blackjack du croupier devient parfois rentable. C’est le cas quand le compte révèle qu’il reste beaucoup de dix, de valets, de dames et de rois dans le sabot, puisqu’ils ont alors plus de chances de tomber à côté de l’as du croupier. Avec un compte positif élevé, une mise Insurance peut donc se justifier.

Important : nous n’avons fait ici qu’effleurer les bases du comptage — le joueur doit au minimum tenir compte aussi du nombre de jeux. Notre site propose un article détaillé consacré au comptage des cartes — lisez-le absolument.

Probabilités de tirage des cartes

Le nombre de jeux au blackjack compte pour le comptage des cartes et influe directement sur la probabilité de sortie de certaines cartes une fois la manche engagée et une partie des cartes parties à la défausse. Mais la première carte d’un sabot intact sort toujours avec la même probabilité de 1/13 — soit 7,69 %. C’est selon la même logique que nous avons calculé plus haut la probabilité qu’une carte valant 10 tombe à côté de l’as du croupier — elle est alors de 4/13.

Nombre de jeuxCartes / recherchéesProbabilité de la première carte
152 / 47,69 %
2104 / 87,69 %
4208 / 167,69 %
6312 / 247,69 %
8416 / 327,69 %

Comme la carte la plus précieuse pour le joueur reste l’as, il est naturel de vouloir connaître ses chances d’en recevoir un dans sa propre main. Peu importe ici que l’as sorte en premier (les mêmes 7,69 %) — il suffit qu’il figure parmi les deux premières cartes. La formule se complique, 1 − (48/52)·(47/51), et donne une probabilité de 14,9 %6 d’avoir un as en deux cartes. Ce dernier chiffre ne vaut que pour le blackjack à un seul jeu, où il n’y a que quatre as.

Stratégie de base pour les mains clés

Au blackjack, le joueur ne devrait se fier ni à son instinct ni à un calcul mental permanent : il existe ce qu’on appelle la stratégie de base, qui prescrit pour chaque situation la décision offrant la meilleure espérance de gain. À bien comprendre : la stratégie de base ne garantit pas le succès — elle retient la décision qui perd le moins (ou gagne le plus) sur le long terme, pas forcément celle qui a le plus de chances de gagner cette main précise, et le résultat final dépend toujours des cartes que tirent le joueur et le croupier.

Les tableaux de stratégie de base permettent de réduire fortement l’avantage de la maison (en général à environ 0,5 %, et à certaines tables jusqu’à 0,15 %), mais il ne faut utiliser que le tableau dont les décisions sont calculées pour votre variante de règles exacte. Notre site propose des tableaux détaillés pour toutes sortes de variantes du blackjack ; nous montrons ici des exemples pour une partie à 4–8 jeux où le croupier reste sur 17 souple. La notation est la suivante :

  1. H — tirer (hit, prendre une carte de plus) ;
  2. D — doubler (double down) ;
  3. S — rester (stand) ;
  4. R — abandonner (surrender, si les règles de la table le permettent) ;
  5. P — séparer la paire (split).

Avec les mains dures (sans as, ou dont l’as compte déjà pour 1), on procède ainsi.

Main2345678910A
8 et moinsHHHHHHHHHH
9HDDDDHHHHH
10DDDDDDDDHH
11DDDDDDDDDH
12HHSSSHHHHH
13SSSSSHHHHH
14SSSSSHHHHH
15SSSSSHHHRH
16SSSSSHHRRR
17 et plusSSSSSSSSSS

Et voici comment jouer les mains souples, où l’as compte pour 11 pour l’instant ; rappelez-vous que la carte suivante ne peut pas faire sauter une main souple (ensuite, la main peut devenir dure).

Main2345678910A
A,2HHHDDHHHHH
A,3HHHDDHHHHH
A,4HHDDDHHHHH
A,5HHDDDHHHHH
A,6HDDDDHHHHH
A,7SDDDDSSHHH
A,8SSSSSSSSSS
A,9SSSSSSSSSS

Pour les mains formées d’une paire de cartes de même valeur, il existe un troisième tableau — à la différence près que ces mains peuvent aussi être séparées.

Main2345678910A
2,2PPPPPPHHHH
3,3PPPPPPHHHH
4,4HHHPPHHHHH
5,5DDDDDDDDHH
6,6PPPPPHHHHH
7,7PPPPPPHHHH
8,8PPPPPPPPPP
9,9PPPPPSPPSS
10,10SSSSSSSSSS
A,APPPPPPPPPP

Les joueurs appliqués cherchent en général à apprendre le tableau de stratégie de base par cœur, mais en pratique, s’aider d’une version imprimée n’est pas interdit, même dans les établissements terrestres, où le croupier vous voit — et à plus forte raison en ligne.

Notes de bas de page

  1. À certaines tables, le joueur se voit proposer des paris annexes inhabituels, dont le paiement peut largement dépasser le 3:2 standard du blackjack naturel. Un pari Lucky Ladies, par exemple, peut rapporter un gain énorme — en général de 125:1 à 200:1 —, mais il faut pour cela que les premières cartes du joueur soient une paire de dames de cœur (et avec un blackjack du croupier en prime, certains tableaux de paiement montent jusqu’à 1000:1) ; dans une situation donnée, une dame peut donc se révéler bien plus précieuse, même si sa valeur en points n’a pas changé. ↩

  2. La combinaison de cartes détenue par un joueur. ↩

  3. À certaines tables, le blackjack naturel est payé 6:5, mais cette règle est à éviter soigneusement — elle fait régulièrement perdre du gain au joueur. ↩

  4. Une main « souple » contient un as qui (pour l’instant du moins) compte pour 11 ; si le joueur décide de prendre une carte de plus, il est certain de ne pas sauter — au besoin l’as compte alors pour 1, et la main devient « dure ». ↩

  5. N’oubliez pas toutefois que doubler ne permet de recevoir qu’une seule carte supplémentaire — pas davantage. ↩

  6. Multiplier simplement 7,69 % (la probabilité d’une carte donnée) par deux est faux, car une fois la première carte distribuée le jeu ne compte plus 52 cartes, mais seulement 51. ↩

Questions fréquentes

Combien vaut un as au blackjack ?
Un as peut valoir 1 ou 11 — selon ce qui sert la main, et il en va de même pour le croupier. La règle S17/H17 ne change pas la valeur de l’as ; elle détermine seulement ce que fait le croupier avec un 17 souple (as-6, par exemple) : rester (S17) ou tirer (H17).
Combien valent les figures au blackjack ?
Le roi, la dame et le valet, quelle que soit leur enseigne, valent 10 chacun — tout comme le dix. Ce sont des cartes importantes : associées à un as, elles forment la main la plus précieuse de toutes, le blackjack naturel.
Qui est le plus fort au blackjack : le roi, la dame ou le valet ?
Pour la mise principale, le roi, la dame et le valet se valent — chacun ajoute 10 à la main. Mais certaines tables proposent des paris annexes spécifiques : si vous y jouez, certaines combinaisons de cartes (lesquelles exactement — vérifiez les règles de la table concernée) peuvent promettre un paiement bien supérieur à celui d’un blackjack naturel.
La valeur des cartes change-t-elle selon le nombre de jeux ?
Non. La valeur de chaque carte est toujours la même, quel que soit le nombre de jeux utilisés. La valeur de l’as peut changer au gré du joueur (1 ou 11), mais ces valeurs-là ne dépendent pas non plus du nombre de jeux.
Qu’est-ce qu’une main souple au blackjack ?
Une main souple (soft) est une combinaison comprenant un as compté 11. « Souple » signifie que vous pouvez prendre sans risque une carte de plus pour tenter de l’améliorer : la carte suivante ne peut pas vous faire sauter, car au besoin l’as compte alors pour 1 et la main devient dure. Ensuite, la main peut être dure, et d’autres cartes peuvent la faire sauter.
Que se passe-t-il si le joueur et le croupier ont des mains égales ?
Avec des mains de même valeur, le résultat est en général une égalité (push), et la mise du joueur lui est intégralement rendue. N’oubliez pas qu’un blackjack naturel en deux cartes bat un 21 constitué de trois cartes ou plus. Par ailleurs, certaines variantes du blackjack appliquent une règle selon laquelle l’égalité compte toujours comme une victoire du casino — une raison de plus de lire les règles avant de jouer.

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